Les NWOW sont le produit de la révolution numérique. C’est peu dire que nous n’avons pas encore la moindre idée des outils connectés et intelligents qui seront à notre disposition dans dix ans. En une petite dizaine d’années, les fax ont disparu des bureaux, comme le minitel, comme les palm pilot, les Ericsson 800 qui ses synchronisaient sur un socle. Exit le blackberry

La révolution numérique impacte tous les espaces de notre vie et pas seulement les nwow.

Il est d’autant plus intéressant que sortent quasi simultanément une étude du Syntec numérique sur les Français et le numérique et une étude de BVA pour le Digital Society forum sur l’impact du Digital dans la vie des Français.

BFM – Les etats unis champions du numerique

L’étude BVA se focalise, quant à elle, sur l’appropriation des usages citoyens. Il semble évident que l’information n’est plus à chercher, elle est à choisir avec discernement. Ce que certains appellent l’infobésité rend possible toutes les manipulations et, encore davantage, les théories conspirationnistes sur ces manipulations.

L’information, le débat, la confrontation d’idées sont partout. Les like facebook, les followers twitters sont observés par les politiques encore plus que par les entreprises. Comment ne pas imaginer que la révolution citoyenne ne soit pas concomitante à la révolution des façons de travailler. Les pétitions en ligne (we sign it), les forums, les nouveaux mouvements le laisseraient croire.

Malgré ses lenteurs, d’administration française se met au numérique : impôts, Améli, retraite, création d’entreprise ou d’association, dépôt de marque, beaucoup de choses sont possibles … en théorie et quand ça fonctionne.

Mais comme on est loin de la petite Estonie avec sa carte de « e-résident » (j’en suis un), avec l’accès à la quasi totalité des service publics et beaucoup privés grâce à une carte unique !

Le fait que le monde politique se désintéresse autant de la révolution numérique dans ses impacts économiques et sociaux que dans ses impacts politiques et citoyens.

A la question : « Le numérique rend possible pour le citoyen de nouvelles formes de concertation et d’implication. De laquelle de ces affirmations vous sentez-vous le plus proche ? »

27 % pensent que c’est une révolution quand 65 % pensent que c’est une illusion.

Cependant les choses bougent : A la question : « Diriez-vous que vous utilisez souvent,de temps en temps,rarement ou jamais les sources d’information suivantes pour vous informer  sur la vie publique et politique (internationale,nationale ou locale)? »

La télévision obtient 53 %, quand internet et les réseaux sociaux s’en approchent à 41%, alors que la radio se  contente de 35 et la presse écrite de 24.

Près de la moitié des Français(49%)ont déjà signé ou diffusé une pétition en ligne (vs 38% qui ont déjà signé une pétition en format papier).

Près d’un Français sur 5 a déjà suivi le compte Facebook ou Twitter de sa commune,de son département ou de sa région(19%),ou a déjà participé à une consultation en ligne pour une institution publique(18%),des pratiques qui  nécessitent un niveau d’engagement encore plus élevé.

A l’avenir,45% souhaiteraient pouvoir voter en ligne à des référendums locaux pour porter de nouvelles expérimentations au sein de leur territoire,et 33% souhaiteraient avoir la possibilité d’interpeller directement le Parlement,via un dispositif de pétitions en ligne.Le potentiel de développement de ces nouvelles formes de concertation et d’implication n’est donc pas négligeable .

On ne peut pas établir une muraille de Chine entre les comportements dans la vie quotidienne, au travail et dans la vie publique. Bien sûr les USA sont très en avance dans les pratiques digitales de la vie quotidienne… mais qu’en est-il du domaine public ? (les USA ne se résumant pas à New York, San Francisco ou Seattle). Bien sûr, la petite Estonie 2.0 laisse sur place les grandes démocraties…

Mais peut être plus lentement que d’autres, mais pas tous, les Français avancent, à leur rythme sur l’incontournable chemin de la révolution digitale.